Storgê - Saga RolePlay - Tome 2
À l’aube de ses trente ans, Gabrielle veut reprendre le contrôle de sa vie. L’heure est au questionnement. Sa relation avec Maxence a-t-elle un avenir ? L’homme qu’elle aime lui ouvrira-t-il enfin son cœur ?
Il est nécessaire pour la jeune femme de prendre du recul afin de saisir les objectifs qu’elle souhaite se fixer à long terme. Au fil de ses choix, elle va découvrir une autre forme d’attachement : Storgê, la tendresse qu’une mère porte à son enfant. Donner la vie, un nouveau rôle qui va bouleverser son monde. Cependant, les sentiments qu’elle éprouve toujours pour Maxence vont contrarier ses plans.
La puissance de l’amour maternel surpassera-t-elle la passion ?
« L’amour maternel est le plus éminent des sentiments égoïstes, ou, pour dire autrement, le plus énergique des sentiments altruistes. »
Émile-Auguste Chartier (Alain)
Extraits
"La photo d’un couple s’embrassant devant les Bains me stoppe net dans mes pensées. L’intitulé me prend aux tripes : « Le secret des amants ». Mon cœur est transporté vers notre première séance de jeux de rôle. Leur a-t-il parlé de nos rendez-vous ou s’agit-il du hasard ? J’essaie de me raisonner en me disant qu’il ne s’agit que d’un cliché dans une exposition. Chaque petite coïncidence s’associe à notre histoire. L’objectif d’une rupture est de tourner la page et non de vivre dans le passé. Maxence m’a fait vibrer de toutes les façons possibles. Où trouverai-je la force de l’oublier ?
Soudain, des mains se posent sur mes épaules. Le sourire de François accueille mon hoquet de surprise.
— C’était une demande de Maxence, chuchote-t-il avant de me faire la bise.
Je reporte mon attention sur l’énorme toile. Cette mise en scène m’est donc bel et bien destinée... Le couple nous ressemble, il émane de leur étreinte de la sensualité. Le fait que Maxence tente d’exprimer ce qu’il ressent au travers de ce fragment de temps m’émeut profondément. J’expire doucement pour contenir les larmes qui menacent de couler.
Ressaisis-toi !"
Gabarelle Corentin, Storgê, 2020
"Le poids de mes chaînes n’a jamais été aussi lourd. Qu’est-ce que j’attends de la vie ? Pourquoi ai-je suivi ce chemin, et pas un autre ? La maternité était un moyen de recevoir l’amour et l’affection dont j’avais tant besoin. Un amour inconditionnel et innocent. Je mets quiconque au défi de trouver une seule mère dont les motivations diffèrent des miennes. Je ne parle pas des femmes qui n’ont pas eu le choix, bien entendu. Nous sommes si nombreuses à suivre la même voie. Pourquoi ? Je meurs d’amour à petit feu pour mes filles, elles sont ma chair, mon sang, mais j’ai l’impression d’être tombée dans un traquenard. Parfaitement, un traquenard ! Orchestré par la science, la nature, Dieu, que sais-je ? Une carotte pour nous inciter à assurer la pérennité de notre espèce. La naissance de mes filles fut le plus beau, mais également le pire cadeau que la vie m’ait fait. La maternité a tenu sa promesse : mes deux petites filles m’apportent cet amour inconditionnel que je recherchais. Cependant, l’attachement indéfectible que l’on ressent pour son enfant est une condamnation à perpétuité. C’est une prison dans laquelle on entre de son plein gré et dont on ne sort jamais. Le pire dans tout ça, c’est que j’en ai pris conscience après avoir passé la grille, il était déjà trop tard pour revenir sur mes pas. Me voici enchaînée à mes filles, dépouillée de l’insouciance et de la liberté dont je jouissais avant qu’elles n’arrivent au monde.
Je nous en veux, à Tom et moi : lui le geôlier formaté, et moi la condamnée consentante."
Gabarelle Corentin, Storgê, 2020
